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  • Artistes,  Films

    Playing God

    Matteo Burani and Arianna Gheller

    • Car le mystère de la vie humaine n’est pas seulement de vivre, mais ​de savoir pourquoi l’on vit. Sans une idée très ferme du but de cette vie, l’homme refuse de vivre, et il préfère se tuer plutôt que de rester sur terre, quand bien même, sur terre, il ne serait entouré que de pains. C’est ainsi, mais quel est le résultat ? Au lieu de T’emparer de la liberté humaine, Tu n’as fait que l’accroître encore plus ! Ou Tu as oublié que l’homme préfère le repos, et même la mort, au libre choix dans la connaissance du bien et du mal ? Il n’y a rien de plus tentant pour l’homme que la liberté de sa conscience, mais rien de plus douloureux. Or, Toi, comme fondement, au lieu de principes solides qui auraient dû apaiser la conscience des hommes une fois pour toutes, Tu as pris tout ce qui est extraordinaire, énigmatique et mystérieux, tout ce qui est au-dessus de leurs forces, et donc, Tu as fait comme si Tu ne les aimais pas – et qui a fait cela : celui qui venait leur offrir sa vie ! Au lieu de s’emparer de la liberté humaine, Tu l’as multipliée, et, à tout jamais, Tu as chargé de souffrances le royaume spirituel de l’homme. Tu as voulu de l’homme un amour qui soit libre, voulu que l’homme que Tu aurais séduit et attiré Te suive librement. Privé de la loi ancienne, une loi sévère, l’homme, dorénavant, devait juger lui-même, dans son cœur libre, de ce qui était bien et de ce qui était mal, en n’ayant devant soi pour seul guide que Ton image – mais comment n’as-Tu pas pensé qu’il finirait par tout rejeter et par tout mettre en doute, tout, jusqu’à Ton image et même Ta vérité, s’il était opprimé par un joug aussi terrifiant que la liberté de choisir ? Les hommes s’exclameront enfin que la vérité n’est pas en Toi, parce qu’il est impossible de les laisser dans une souffrance et dans un trouble plus terribles que ceux où Tu les as laissés ainsi, avec tant de soucis, tant de questions insolubles.
    •  Tu n’es pas descendu de la croix quand on Te criait, en se moquant, en Te narguant : « Descends de la croix et nous croirons que tu es Toi. » Tu n’es pas descendu car, là encore, Tu t’es refusé à rendre l’homme esclave du miracle, Tu voulais une foi qui soit libre et non pas miraculeuse. Tu voulais un amour qui soit libre, non les exaltations esclaves d’un prisonnier devant un pouvoir qui l’a terrorisé à tout jamais. Or, là encore, Tu as surestimé les hommes, puisque, bien sûr, ce sont des prisonniers, même s’ils sont rebelles. Regarde autour de Toi, juge Toi-même, voilà, quinze siècles ont passé, vas-y, regarde-les : qui as-Tu élevé jusqu’à toi ? Je Te le jure, l’homme a été créé plus faible, plus vil que ce que Tu pensais de lui ! Est-il capable, dis-moi, est-il capable de faire la même chose que Toi ? En le plaçant si haut, Tu as agi comme si Tu cessais de compatir, car Tu demandais de lui bien plus qu’il ne pouvait donner – et qui agissait ainsi ? Celui qui l’a aimé plus que Soi-même ! L’estimant moins, Tu lui aurais moins demandé, et Tu aurais été plus près de l’amour, car le fardeau de l’homme aurait été moins lourd. L’homme, il est faible et vil.
    • Et s’il y a un mystère, alors nous aussi, nous avions le droit de prêcher le mystère et d’enseigner aux hommes que ce qui importe n’est pas le libre arbitre de leur cœur, et pas l’amour, mais le mystère, auquel ils n’ont qu’à se soumettre aveuglément, fût-ce à l’encontre de leur conscience. Nous avons corrigé Ton œuvre et nous l’avons fondée sur le miracle, le mystère et sur l’autorité. Et les hommes se sont sentis heureux d’être à nouveau menés comme un troupeau, et d’avoir pu enfin délivrer leur cœur d’un don si terrifiant, qui leur avait apporté tant de douleur. Et nous, dis-moi, avons-nous eu raison de professer cela et de le faire ? Crois-Tu vraiment que nous n’aimions pas les hommes, nous qui savions si humblement leur impuissance, qui les avons soulagés de leur fardeau, avec amour, et en autorisant même le péché à leur nature faible, mais un péché autorisé par nous ? Pourquoi donc aujourd’hui viens-Tu nous déranger ? Et qu’as-Tu donc à me regarder avec ce regard doux, avec cette compassion, sans jamais rien me dire ? Indigne-Toi, je ne veux pas de Ton amour, parce que, moi-même, je ne T’aime pas. Et qu’aurais-je donc à Te cacher ? Ou je ne sais pas à qui je parle ? Tout ce que j’ai à Te dire, tout, Tu le sais déjà, je le lis dans Tes yeux. Ou, moi, pourrai-je Te cacher notre mystère ? Ou peut-être veux-Tu que ce soit moi, précisément, qui Te le révèle ? Alors, écoute : nous ne sommes pas avec Toi, mais avec lui – notre mystère, le voilà ! Depuis longtemps nous ne sommes plus avec Toi, mais avec lui, depuis huit siècles. Voilà exactement huit siècles que nous avons pris de lui ce que, Toi, Tu avais rejeté avec indignation, ce dernier don ​qu’il T’avait proposé en Te montrant tous les royaumes terrestres : il nous a donné Rome et le glaive de César et nous nous sommes déclarés seulement rois de la terre, maîtres uniques, même si nous n’avons pas encore eu le temps de mener notre entreprise jusqu’à son terme définitif.
    • Chez nous, non, chacun sera heureux, personne ne se rebellera, personne ne s’entretuera plus à tout bout de champ, comme dans Ta liberté à Toi. Oh, nous arriverons à les convaincre qu’ils ne deviendront libres qu’au moment où ils renonceront pour nous à leur liberté et ils se soumettront. Eh quoi, ce que nous leur dirons, ce sera juste ou ce sera un mensonge ? Ils comprendront eux-mêmes que nous avons raison car ils se rappelleront jusqu’à quelles horreurs d’esclavage et de trouble Ta liberté aura pu les pousser. La liberté, la liberté de l’esprit, la science les conduiront jusqu’à de tels labyrinthes, les placeront devant de tels miracles, de tels mystères inexpliqués, que ​quelques-uns d’entre eux, les insoumis et les farouches, s’élimineront eux-mêmes, les autres, insoumis mais plus faibles, s’élimineront les uns les autres, et les troisièmes, ceux qui seront restés, les faibles et les malheureux, ramperont à nos pieds en criant : « Oui, vous aviez raison, vous étiez seuls à détenir Son mystère, nous revenons vers vous, sauvez-nous de nous-mêmes. » En recevant de nous le pain, bien sûr, ils verront clairement que c’est leur propre pain, celui qu’ils ont fait de leurs mains, que nous leur reprenons, pour le leur rendre, sans le moindre miracle, ils verront que nous n’avons pas mué les pierres en pains, mais, plus encore que du pain en tant que tel, leur joie viendra de recevoir ce pain de nos mains à nous ! Car ils ne se rappelleront que trop comment auparavant, sans nous, ces mêmes pains qu’ils produisaient ne se muaient qu’en pierres dans leurs mains, alors que, du jour où ils se sont tournés vers nous, ce sont les pierres elles-mêmes qui, dans leurs mains, sont devenues des pains. Ils n’apprécieront que trop, oui, trop ce que cela veut dire, de se soumettre une fois pour toutes ! Aussi longtemps que les hommes ne l’auront pas compris, ils seront malheureux.
    • Qui a dispersé le troupeau et l’a jeté sur des routes inconnues ? Mais le troupeau se réunira encore une fois, et il se soumettra encore, et, cette fois, ce sera pour toujours. Alors, nous leur donnerons un bonheur calme et humble, le bonheur des créatures sans force, telles qu’elles ont été créées. Oh, nous finirons bien par les convaincre de renoncer à l’orgueil, car Tu les as élevés au-dessus d’eux-mêmes, et donc Tu leur as enseigné l’orgueil ; nous leur prouverons qu’ils sont faibles, qu’ils ne sont que de pauvres enfants, mais que le bonheur de l’enfant est le plus ​doux des bonheurs. Ils deviendront craintifs, ils nous regarderont, ils se presseront vers nous comme des poussins vers la poule couveuse. Nous les émerveillerons et nous les effraierons, et nous serons leur orgueil, d’être si forts et si intelligents, d’avoir pu ainsi dompter cet innombrable troupeau de rebelles. Ils frissonneront sans défense devant notre colère, leur esprit sera pris de terreur, leurs yeux deviendront larmoyants, comme ceux des enfants et des femmes, mais ils passeront tout aussi facilement, au premier signe que nous ferons, au rire et à la joie, à la gaieté radieuse, aux chansonnettes heureuses de l’enfance. Oui, nous les forcerons à travailler, mais, aux heures que le travail laissera libres, nous leur ferons une vie qui sera un jeu d’enfant, avec des chansons enfantines, avec un chœur, des danses innocentes. Oh, nous leur permettrons même le péché, ils sont faibles et sans force, et ils nous aimeront comme des enfants de leur permettre le péché. Nous leur dirons que tout péché sera racheté s’il est commis avec notre permission ; et si nous leur donnons cette permission de pécher, c’est que nous les aimons, et que, la punition, soyons grands princes, nous la prendrons sur nous. Et nous la prendrons bien sur nous, cette punition, et, eux, ils nous vénéreront comme des bienfaiteurs qui se seront chargés de leurs péchés devant la face de Dieu. Et ils n’auront jamais aucun secret pour nous. Nous leur donnerons ou non la permission de vivre avec leurs femmes et leurs maîtresses, d’avoir ou de ne pas avoir des enfants – selon qu’ils seront obéissants –, et, eux, ils nous seront soumis, avec gaieté et avec joie. Toutes les ténèbres les plus mystérieuses de leur conscience, tout, ils nous porteront tout, et nous résoudrons tout, et, eux, ils auront foi en notre décision, et ce sera une foi joyeuse, car elle les dispensera ​de ce souci terrible et de ces douleurs effrayantes qu’ils supportent aujourd’hui d’avoir à décider à titre libre et personnel. Et tous seront heureux, tous ces millions de créatures, sauf les cent mille qui les dirigeront. Car nous, qui aurons la charge du secret, nous serons les seuls à être malheureux. Il y aura des milliers de millions d’enfants heureux, et cent mille hommes déchirés qui auront pris sur eux cette malédiction de connaître le bien et le mal.
    • Pourquoi il est impossible qu’on trouve parmi eux un homme à la douleur sincère, qui soit torturé par une grande douleur, et qui aime l’humanité ? Tu vois : imagine qu’il s’en soit trouvé un seul, parmi tous ces gens qui ne cherchent que les biens matériels et ignobles, ne serait-ce qu’un seul homme comme mon vieil inquisiteur, qui a lui-même mangé des racines dans le désert et a lutté contre le démon, en domptant sa chair pour se rendre libre et parfait, et qui, pourtant, toute sa vie a ​aimé l’humanité et qui brusquement a été illuminé et a vu clairement qu’elle n’est pas bien grande, la béatitude morale d’atteindre la perfection de sa volonté pour se convaincre en même temps que des millions d’autres créatures de Dieu ne restent créées que comme une forme de sarcasme, qu’elles n’auront jamais la force de vivre avec leur liberté, que des rebelles pitoyables ne feront jamais des géants qui finiront de construire la tour, que ce n’est pas pour des oies pareilles que le grand idéaliste a rêvé de son harmonie. Une fois que, ça, il l’a compris, il a rejoint… les sages. Est-ce que, ça, ça n’a jamais pu arriver ?
    • — Et même si c’était ça ! Enfin, tu as deviné. Et, réellement, c’est ça, réellement, tout le secret n’est que là-dedans, mais est-ce que ce n’est pas une souffrance, ne serait-ce que pour un homme comme lui, qui a tué toute sa vie à un progrès spirituel dans le désert et qui n’a pas pu se guérir de son amour de l’humanité ? Au déclin de ses jours, il arrive à la conviction claire que ce ne sont que les conseils du grand esprit terrifiant qui pourraient donner ne serait-ce qu’un semblant d’ordre supportable à ces rebelles sans force, “ces créatures d’essai, inachevées, créées comme un sarcasme”. Et donc, quand il arrive à cette conviction, il voit qu’il doit suivre l’indication de l’esprit très sage, de l’esprit terrifiant de la mort et de la destruction, et, donc, se convertir au mensonge et à la tromperie et mener les hommes, cette fois consciemment, vers la mort et la destruction, et les tromper, en plus, tout au long de leur route, pour que, ​d’une façon ou d’une autre, ils ne remarquent pas où on les mène, pour que, au moins pendant le trajet, ces aveugles pitoyables s’estiment heureux. Et, remarque ça, une tromperie au nom de Celui dans l’idéal de qui le vieillard a cru avec une telle passion pendant toute sa vie ! Est-ce que, ça, ce n’est pas un malheur ? Et si ne serait-ce qu’un seul homme comme celui-là se retrouve à la tête de toute cette armée “qui a soif du pouvoir seulement au nom des biens ignobles”, mais est-ce qu’un seul homme comme celui-ci là ne suffit pas pour qu’il y ait tragédie ? Bien plus : il suffit qu’un seul homme de ce genre se tienne à sa tête pour que se trouve enfin une vraie idée directrice de toute l’entreprise de Rome avec toutes ses armées et ses jésuites, l’idée suprême de cette entreprise. Je te le dis franchement, et j’y crois fermement, que cet homme unique n’a jamais disparu parmi ceux qui étaient à la tête du mouvement.

      Dostoïevski, Fédor

      Les Frères Karamazov, 1880: le Grand Inquisiteur

    • Artistes,  Textes

      les sens

      L’idée commence peut-être à se faire jour dans cinq, six têtes que la physique aussi n’est qu’une interprétation et un réarrangement du monde (en fonction de nous ! ne vous déplaise ? ) et non pas une explication du monde : mais dans la mesure où elle s’appuie sur la foi dans les sens, elle passe pour plus que cela et continuera nécessairement longtemps à passer pour plus, à savoir pour une explication. Elle a pour alliés les yeux et les doigts, elle a pour alliée l’évidence visuelle et tactile : sur une époque au goût fondamentalement plébéien, cela exerce une influence ensorcelante, persuasive, convaincante, cela se conforme en effet instinctivement au canon de la vérité qui est celui de l’éternel sensualisme populaire. Qu’est-ce qui est clair, qu’est-ce qui « explique » ? Seulement ce qu’on peut voir et toucher, — c’est jusqu’à ce point que tout problème doit être amené. Inversement : c’est justement dans la résistance opposée à l’évidence sensible que résidait l’ensorcellement du mode de pensée platonicien, qui était un mode de pensée noble, — parmi des hommes qui jouissaient peut-être même de sens plus forts et plus exigeants que ceux de nos contemporains, mais qui savaient se procurer un plus grand triomphe dans le fait de rester maîtres de leurs sens : et ce au moyen de filets tissés de concepts hâves, froids, grisâtres qu’ils jetaient sur le tourbillon chamarré des sens — la plèbe des sens, comme le disait Platon –—.

      Jenseits von Gut und Böse – Vorspiel einer Philosophie der Zukunft, 1886

      Friedrich Nietzsche

    • Artistes,  Paroles

      Qui envoie les mouches

      Faut plus grand chose

      Faut plus grand chose pour que tout s’casse la gueule

      C’est clair qu’il faut plus grand-chose

      Plus grand-chose

      C’est clair qu’il faut plus grand chose pour que tout s’casse la gueule

      C’est dommage de s’dire bonjour au tesson d’bouteille

      J’fais quelques pas sur scène, y’a comme un truc qui m’ronge

      J’te vendrai bien du rire avec une couche de rêves

      J’te vendrai bien du rêve avec des couplets vides

      Dommage de s’dire au revoir sur un tissu d’mensonges

      Ce qui m’pousse à être si noir dans mes histoires

      Ce sont les miroirs qui m’poussent à être si noir dans mes histoires

      Ce qui m’pousse à être si noir dans mes histoires

      Ben, sont les miroirs

      Ce qui m’pousse à être si noir dans mes histoires

      Sont mes histoires

      Ce qui m’pousse à être si noir dans mes histoires

      Sont les miroirs

      Ce qui m’pousse à être si noir dans mes histoires

      Bon

      Pendant qu’on joue du choix des mots

      Le lexical chant ne sera plus eau de rose et romance

      Mais démence collective et urgente urgence

      Des décombres sortent intactes des scénar’ trash

      Mi-fictif, mi-réel

      Dur et froid comme la lame dans la manche d’un pupille

      Ouais, j’ai rêvé que c’était qu’un cauchemar

      Et en fait c’est pire depuis que les p’tits piranhas nagent

      Là où les gros requins pissent

      Où les gros requins-spirent, ça n’respire plus tellement

      L’asphyxie donne ces boulevards là où les mecs causent tout seul en titubant

      Je serai devenu l’un d’eux

      Devant les colonnes de la DH, j’alterne vomis et sarcasmes

      Comme se banaliserait le trash dans l’public

      Un papa suffoque, son fils veut être rappeur

      C’est la sœur qui l’emprisonne mais

      Elle fera l’mur, « maman de quoi t’as peur ? »

      En direction d’une skin-party, la petite peut compter sur un paki

      Pour s’procurer sa petite magie et d’quoi zapper des deux trois mains

      Qui s’baladeront sous sa jupe

      Black room, à deux pas de là des zombies décapsulent leurs pils

      On s’dit qu’on peut plus grand-chose, alors on s’touche un peu

      On s’brûle au bronzage cathodique et nos regards tristes vitreux

      Disent pas qu’on baisse les armes ni qu’on est devenus ces gobe-bobards

      Mais qu’on prolonge un plongeon chronophage

      T’écris ça d’l’hôpital, on vit la ville comme dans un film trash

      On voit du foutre et puis des lames d’acier sur des visages d’anges

      Devenir fou serait le lot de nos mégapoles

      J’me demande qui envoie les mouches sur les plaies béantes

      Je serai devenu l’un d’eux

      Loweina Laura

      2013

      Veence Hanao

    • Artistes,  Paroles

      La vie c’est de la merde

      C’est vraiment trop trop super
      T’as eu une promotion
      Ta mère n’a plus le cancer
      Tu t’es habitué à tes morpions
      Et puis t’es soulagé parce que ta fille va avorter

      Elle s’est rendu compte qu’à quatorze ans 

      C’est trop jeune pour être trois fois maman 

      Mais dans le fond tu le sais bien
      Que ta vie c’est de la merde
      Que tout ce que tu fais ne sert à rien 

      Parce que ta vie c’est de la merde
      Que t’auras beau essayer tant que tu veux 

      Ta vie sera toujours de la merde
      Que tu ne seras jamais vraiment heureux 

      Parce que la vie c’est de la merde
      La vie c’est de la merde
      La vie c’est de la merde
      La vie c’est de la merde
      Mais au moins ce qui est bien
      C’est que la maison de ton voisin a brûlé 

      Toi qui voulait agrandir le terrain
      Ca ne pouvait pas mieux tomber
      Et ta femme bois beaucoup moins
      Grâce à ses anti-dépresseurs
      Et puis vous allez prendre un chien
      Y’a de quoi être de bon humeur
      Mais dans le fond tu le sais bien
      Que ta vie c’est de la merde
      Que tout ce que tu fais ne sers à rien 

      Parce que ta vie c’est de la merde
      Que t’auras beau essayer tant que tu veux 

      Ta vie sera toujours de la merde
      Que tu ne seras jamais vraiment heureux 

      Parce que la vie c’est de la merde
      La vie c’est de la merde
      La vie c’est de la merde
      La vie c’est de la merde
      Tu bouffes de la merde
      Tu écoutes de la merde
      Tu racontes trop de la merde
      Et tout ce que tu vois c’est de la merde 

      Tes enfants c’est des grosses merdes
      Et ta femme elle t’emmerde
      D’ailleur toute ta vie t’emmerde
      Mais maintenant tu fais comme tout le monde 

      Et tu te démerdes
      Maintenant tu te démerdes
      Aller tu te démerdes

      Maintenant tu te démerdes

       

       

      Mon premier album avec d’autres instruments que juste la guitare 

      2014

      Giedré

    • Artistes,  Paroles

      Un Peu de sang



      Regard menaçant, mon crâne se casse en mille morceaux

      Je fais semblant quand mon calme passe, j’évolue dans un cadre pas sain
      Ma tête, c’est ma prison, mes anges sont méprisants
      Dehors c’est la crise, à l’écart j’ai mes raisons
      Les autres mentent, tous ces calculateurs sont loin du compte
      Le comte est sur son trône loin du complot

      L’esprit concis, en vrai j’ai pris la confiance
      Perte de contrôle, les règles c’est du poison le sérum c’est l’inconscience
      Jeune pal n’avait rien à faire dans une classe

      La folie empire en restant sur place
      J’ai du mal à m’sentir vivre sans m’surpasser
      Cerveau cassé, il me manque une case
      Les freins lâchés, j’ai foncé dans l’décor
      Rien d’grave, j’ai juste un peu de sang sur l’casque
      Z’avez pas compris, z’avez pas compris
      Même s’il m’en manque une, je rentre pas dans une case
      Pas besoin de modèle, je reste focus depuis le landau

      Un bel avenir entre les mains, impossible d’éteindre le flambeau
      Tu m’as vu dans ta rue tes amis ont reconnu El BlancoPourtant j’ai encore des fringues en lambeau

      Heureusement j’ai un plan comme Keyser Söze
      Je connais les règles, c’est juste que je veux pas les appliquer
      La justice est oblique, pour certains c’est déjà trop compliqué
      Je deviens sourd dès que le conflit débute
      Fermons les yeux j’oublie les putes
      Personne ne va me fliquer, j’accomplis mes buts
      Jeune pal n’avait rien à faire dans une classe

      La folie empire en restant sur place
      Dernier étage à la devanture fendue
      Mes démons dansent quand ils refont surface
      Les freins lâchés, j’ai foncé dans l’décor
      Rien d’grave ,j’ai juste un peu de sang sur l’casque
      Z’avez pas compris, z’avez pas compris
      Même s’il m’en manque une, je rentre pas dans une case
      Paraît que je parais sobre

      Seul à l’écart quand la fête s’enclenche
      J’ai du mal avec la plupart des hommes
      Pas besoin d’essayer de faire semblant
      Même si tout seul, c’est l’enfer sans plantes
      Même si on passe pas l’hiver sans planque

      200 à l’heure au quotidien
      Beaucoup de gens diront qu’El Blanco vit bien
      En vadrouille dans la ville quand la nuit tombe
      Toujours un verre en main comme un opticien
      Ça va bien quand ça va pas, ça va pas quand ça va bien
      Le calme ça rend fou comme des vacances à Paname
      J’ai perdu quelques boulons, ça ne m’empêchera pas d’faire mon boulot
      Si je tourne plus tout rond, ça n’m’empêchera pas d’être numero uno
      Besoin de rien pour donner un coup, j’ai que ma bite et mon couteau
      Quand vient l’heure de l’orage
      Anges et démons se ressemblent comme deux gouttes d’eau
      J’ai beaucoup changé, mais j’ai toujours qu’une parole

      J’suis pas content, le règlement a comme le goût d’un carotteIls n’veulent pas d’moi dans la course, rien à foutre
      Je les dépasse en monocycle sur la cinquième roue du carrosse
      Et si je tombe rien d’humiliant
      Des acharnés comme moi y’en a des milliers
      A l’arrivée j’sais pas combien j’aurai d’ennemis
      Les seules histoires qui se terminent bien sont des mythes
      Jeune pal n’avait rien à faire dans une classe

      La folie empire en restant sur place
      J’ai du mal à m’sentir vivre sans m’surpasser
      Cerveau cassé, ma tête a mangé la vitre
      Personne ne va me débrancher, non
      Le succès est là, j’ai qu’à me pencher, ouais
      Du sang-froid dans les veines
      Je m’aime trop pour me les trancher à vif
      Étranger à vie, esprit dérangé
      Mais j’ai tout c’qu’il faut pour changer les règles
      Changer l’avenir, j’f’rai tout pour l’arranger quitte à mettre en danger ma vie
      Les freins lâchés, j’ai foncé dans l’décor

      Rien d’grave j’ai juste un peu de sang sur l’casque
      Z’avez pas compris, z’avez pas compris
      Je rentre pas dans une case
      Un peu de sang sur l’casque
      Un peu de sang sur l’casque
      Z’avez pas compris
      Même s’il m’en manque une, je rentre pas dans une case
      Hey
      J‘ai beau essayer d’m’intégrer, je reste un outsider

      Flip Deluxe
      Lomepal 2017

    • Artistes,  Textes

      Hymne à la beauté

      Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîme, ô Beauté ? ton regard, infernal et divin,
      Verse confusément le bienfait et le crime,
      Et l’on peut pour cela te comparer au vin.

      Tu contiens dans ton oeil le couchant et l’aurore ;
      Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
      Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore Qui font le héros lâche et l’enfant courageux.

      Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ? Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ; Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
      Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

      Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ; De tes bijoux l’Horreur n’est pas le moins charmant, Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
      Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

      L’éphémère ébloui vole vers toi, chandelle, Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau ! L’amoureux pantelant incliné sur sa belle
      A l’air d’un moribond caressant son tombeau.

      Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe,
      ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
      Si ton oeil, ton souris, ton pied, m’ouvrent la porte D’un Infini que j’aime et n’ai jamais connu ?

      De Satan ou de Dieu, qu’importe ? Ange ou Sirène, Qu’importe, si tu rends, – fée aux yeux de velours, Rythme, parfum, lueur, à mon unique reine !
      L’univers moins hideux et les instants moins lourds ?

      Les Fleurs du mal

      1857

      Baudelaire

      Portrait de Charles Baudelaire

      Gustave Courbet, 1848